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"I want to live deep
and suck out the marrow of life,
and when I come to die,
see that I have not lived"

Thoreau

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  • « Méchant : Qui fait intentionnellement du mal à autrui, qui cherche à nuire ». Une si pauvre explication pour un mot si profond. Je me pose beaucoup de questions sur ces deux effrayantes syllabes, parce qu’entourer la gentillesse est relativement facile, mais la méchanceté, ça… Je distingue d’abord sa signification dans la fiction et dans la réalité. Dans la fiction, le méchant veut deux choses uniquement : vengeance et surplus de pouvoir. Vous pouvez chercher, repassez vous tous les méchants que vous connaissez, vous verrez qu’au fond, il n’y a que ces deux choses qui les motivent (le seul qui fait exception à la règle est mon préféré, le Joker). L’exemple le plus flagrant restera toujours les comics. Harry Osborn, meilleur ami de Peter Parker veut se venger de Spider-Man pour le meurtre de son père. Pure vengeance. Pure méchanceté. Aussi, il y a Magneto, dans X-Men, mégalomane, fondateur de la Confrérie des « Mauvais » Mutants, archétype du méchant, anti-héro, partisan de la guerre et de la dictature devant le pacifisme et la démocratie. La recherche du pouvoir, de toujours plus de pouvoir le fait avancer. On retrouve très souvent cette phrase de la bouche des méchants dans les films, phrase dont je cherche encore son véritable sens : « Il n’y a pas de Bien ni de Mal, il n’y a que le Pouvoir » (Star Wars, Harry Potter…). Je me dis que c’est une vision, un état d’esprit, un angle différent sous lequel on voit les choses. Le méchant ne naît pas « méchant », c’est sa réaction à un fait qui le dénature ainsi. C’est le moyen qu'il utilise pour atteindre son but qui est mauvais. Ce sont eux qui lui colle cette étiquette de « méchant ». C’est cette soif de vengeance ou de pouvoir qui brouille la limite du Bien et du Mal. Disons qu’un meurtre n’est rien comparé au prix. La fin justifie les moyens. Et pour le méchant, tous les moyens sont justifiés. Mais en ce qui concerne la méchanceté, la fiction est loin d’être le reflet de la réalité. La véritable méchanceté c’est l’intention de causer du mal à autrui et d’en retirer de la satisfaction. « Faire le mal » c’est se faire plaisir en causant de la souffrance. Et c’est là que j’en viens à ma véritable question, celle qui me torture depuis que je sais discerner le Bien du Mal : « Qui est véritablement méchant ? ». Qui serait capable d’assumer que la souffrance des autres est une source de plaisir pour soi ? Qui frappe, viol, tue pour le simple plaisir de voir l’autre souffrir, et non pour l’adrénaline du combat, succomber à la violente pulsion sexuelle ou la satisfaction de vengeance extrême d’un meurtre ? Un fou peut se vanter de vivre de pulsions et se cacher derrière ça, mais un homme comme vous et moi ? Alors bien sûr, on peut parler de ce cliché de dualité des choses, la méchanceté n’existe que si la bonté existe, ce principe de nuit et de jour, de cette vieille définition : « quelqu’un de méchant c’est quelqu’un qui n’est pas bon », mais je ne serais pas comblé par cette réponse. D’ailleurs, je commence à me dire que les Questions avec une majuscule sont de la méchanceté à l’état pur. Parce que je me fais mal.
  • Tomber amoureux c’est quoi ? C’est être à l’endroit de l’impact d’un éclair. C’est se retrouver au départ d’un arc-en-ciel. C’est gagner au loto sans acharnement. C’est être accepté à Polytechnique. C’est avoir un PV. C’est avoir son ordinateur qui plante. Tomber amoureux c’est le pouvoir de s’imaginer toute une vie en une seconde et d’avoir déjà mal en y pensant. Lorsqu’on est amoureux, on tombe deux fois, lors du premier regard et du dernier. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle ça « tomber ». Tomber c’est se casser la gueule, et se casser la gueule, c’n’est pas agréable. On a beau dire, tomber amoureux c’est pour une partie infime de la population. C’est être au bon endroit, au bon moment. Une chance insolente, moqueuse, vicieuse, qui nous pousse dans le dos. Elle nous souffle de regarder par ici, de tourner la tête par là, et finit par rigoler de voir notre bouche béante et notre silence puéril. Tomber amoureux implique les centaines de questions qui surgissent et virevoltent sans hiérarchie, celles qui mettent un désordre monumental et qui, finalement, brouillent la vue ; comme hypnotiser, on regrette déjà. On regrette de ne pas avoir le courage d’aller la voir. On regrette d’être allé lui parler. On regrette de l’avoir rencontré. Mais on l’aime ce regret. Tomber amoureux c’est pouvoir mourir pour un regard, c’est boire ses paroles et s’enivrer avec, c’est un frisson parcourant l’échine quand elle nous touche, c’est pouvoir se l’imaginer partout grâce à son odeur, son parfum, c’est y goûter une fois et ne rien vouloir d’autre. Ce n'est pas une question de bon sens. Jamais, un jour, quelqu’un pourra entourer ça, personne ne mettra de clôture autour de ce sentiment, qui oserait ? Il n’y a rien de mathématique. Beaucoup pense qu’il n’y a rien de plus fort, ce vieux cliché de l’amour qui résiste à tout. Qui l’affirmera ? je n’ai pas de réponse à donner, que des sentiments. Peut-être que c’est ça tomber amoureux ? Aucune question, une affirmation. « C’est elle ». Chanceux. Menteur.
  • Le cliché. En général, on a horreur du cliché. C’est tendance de jouer original, on veut du jamais fait, du jamais vu, de la surprise, de la vraie avec, accessoirement, son lot de mauvaises choses, mais peut importe. Notre génération veut que Roméo et Juliette se pètent la gueule, que Don Juan se pointe aux alcooliques anonymes et qu’il devienne homosexuel. On aime le nouveau, on l’aime tellement que l’on est prêt à tout pour être le précurseur d’un mouvement branché. Être adoré, complimenté, encensé, flagorné, idolâtré pour avoir réussi la prouesse de passer devant, devant le goût des gens. Matérialiser le futur désir commun. Mais la nouveauté, Beigbeder a raison, elle ne le reste pas longtemps. Et que devient la mode après son apogée ? Du cliché, du vieux et nostalgique cliché. Si aujourd’hui la tendance est à l’écriture, que demain elle tend à réaliser des vidéos, alors l’écriture deviendra has-been. Le cliché de demain ce sera d’écrire une lettre plutôt que de réaliser un court-métrage, l’écrivain sera immédiatement, à partir du moment où le public saura qu’il écrit, saura qu’il fait dans le vieux, il sera maltraité, bafoué, mit dans la case « dépassé ». Nous n’avons pas de pitié pour les clichés. On ne fera aucunement attention au contenu de son livre, il est déjà périmé pas même sorti. Non, le réalisateur sera la star des six mois qui suivent cette fantastique révélation, il génèrera des millions d’euros, fera des milliards de fans, attirera un océan de journalistes, puis apparaîtront toutes sortes de produits dérivés, les industriels s’en frotteront les mains, les télévisions ne déblatèreront que sur ça, on parlera de ce petit réalisateur innovateur sur tous les continents de la planète, il s’élèvera en tant que star mondiale, des statues se dresseront, des écoles à son nom se construiront, des awards, des palmes, des best-sellers, des festivals, des bals de charités, des cérémonies, des récompenses jailliront de partout en son nom, pour dire tout le bien que cet homme a fait au monde, ce que cet homme a apporter à l’originalité, au re-nouveau de l’être humain, à son évolution etcetera, etcetera…Et le livre ? C’est quoi le livre ? Qui écrit des livres ? Pourquoi écrire un livre plutôt que de faire un film ? Moi, dans ce monde, je sors un livre, j’ai moi-même le sentiment d’être une merde. Je sais déjà que ce sera invendable car dépassé. Je le sais car je vis aussi dans ce désir fou et obsessionnel de la nouvelle chose jamais faite, et reprendre ce qui a si souvent été fait, c’est faire un cliché. Je me condamne à passer sur nostalgie, je taille ma propre pierre tombale, je me sur-drogue et me défenestre. Tant pis pour ceux qui ont du talent dans ce domaine là, on les laisse sur le côté. On s’en fout. Mais la vie c’est comme la roulette, il faut parier, ça tombera forcément, un jour ou l’autre, sur le bon chiffre. Il faut simplement avoir assez d’argent pour tenir jusque là.
  • LES CONSÉQUENCES D'UN ENFANT Je dompterai cette chance insolente qui se fout de moi. Je n'ai pas besoin de chanson pour constater que la roue tourne. Elle tombe, comme ça, d'un coup. Une seconde nous avons tout, l'autre plus rien. Et l'impuissance s'insinue au plus profond de nos entrailles, nous gèle le sang lorsque nous sommes malchanceux, ravive la flamme lorsqu'elle nous sourit ; moi je tremble devant elle, elle me fait si peur : c'est comme un parent qui me donne des ordres. Sans vraiment y penser, je sais qu'elle est là, qu'elle me guette, et que, si elle le souhaite, elle peut tout faire basculer. Peut-être plus que de la chance, un jeu de Dieu. Le Père est un enfant de sept ans jouant avec nous comme un nouveau-né qui s'amuse avec son hochet en se disant : "et si je fais ça, qu'est-ce que ça va donner ?" Alors le Beau devient Laid, le Bien devient Mauvais, - si son désir est. Moi j'appelle cela de la "chance", oui, parce que "geste divin" ça en fait peut-être beaucoup, quoi, ce n'est qu'une manifestation d'un tiers que l'on ne peut voir ni toucher et qui chamboule notre vie du bon comme du mauvais coté. La chance c'est comme une rupture amoureuse : on en comprend pas toujours les raisons, on en a pas forcément envie (j'entend ici la malchance), ça peut tomber aujourd'hui comme dans des années et lorsqu'elle tombe, on y peut rien. Voilà pourquoi elle m'effraie. Oui, je dompterai cette chance insolente qui se fout de moi.

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« Méchant : Qui fait intentionnellement du mal à autrui, qui cherche à nuire ». Une si pauvre explication pour un mot si profond. Je me pose beaucoup de questions sur ces deux effrayantes syllabes, parce qu'entourer la gentillesse est relativement facile, mais la méchanceté, ça... Je distingue d'abord sa signification dans la fiction et dans la réalité. Dans la fiction, le méchant veut deux choses uniquement : vengeance et surplus de pouvoir. Vous pouvez chercher, repassez vous tous les méchants que vous connaissez, vous verrez qu'au fond, il n'y a que ces deux choses qui les motivent (le seul qui fait exception à la règle est mon préféré, le Joker). L'exemple le plus flagrant restera toujours les comics. Harry Osborn, meilleur ami de Peter Parker veut se venger de Spider-Man pour le meurtre de son père. Pure vengeance. Pure méchanceté. Aussi, il y a Magneto, dans X-Men, mégalomane, fondateur de la Confrérie des « Mauvais » Mutants, archétype du méchant, anti-héro, partisan de la guerre et de la dictature devant le pacifisme et la démocratie. La recherche du pouvoir, de toujours plus de pouvoir le fait avancer. On retrouve très souvent cette phrase de la bouche des méchants dans les films, phrase dont je cherche encore son véritable sens : « Il n'y a pas de Bien ni de Mal, il n'y a que le Pouvoir » (Star Wars, Harry Potter...). Je me dis que c'est une vision, un état d'esprit, un angle différent sous lequel on voit les choses. Le méchant ne naît pas « méchant », c'est sa réaction à un fait qui le dénature ainsi. C'est le moyen qu'il utilise pour atteindre son but qui est mauvais. Ce sont eux qui lui colle cette étiquette de « méchant ». C'est cette soif de vengeance ou de pouvoir qui brouille la limite du Bien et du Mal. Disons qu'un meurtre n'est rien comparé au prix. La fin justifie les moyens. Et pour le méchant, tous les moyens sont justifiés. Mais en ce qui concerne la méchanceté, la fiction est loin d'être le reflet de la réalité. La véritable méchanceté c'est l'intention de causer du mal à autrui et d'en retirer de la satisfaction. « Faire le mal » c'est se faire plaisir en causant de la souffrance. Et c'est là que j'en viens à ma véritable question, celle qui me torture depuis que je sais discerner le Bien du Mal : « Qui est véritablement méchant ? ». Qui serait capable d'assumer que la souffrance des autres est une source de plaisir pour soi ? Qui frappe, viol, tue pour le simple plaisir de voir l'autre souffrir, et non pour l'adrénaline du combat, succomber à la violente pulsion sexuelle ou la satisfaction de vengeance extrême d'un meurtre ? Un fou peut se vanter de vivre de pulsions et se cacher derrière ça, mais un homme comme vous et moi ? Alors bien sûr, on peut parler de ce cliché de dualité des choses, la méchanceté n'existe que si la bonté existe, ce principe de nuit et de jour, de cette vieille définition : « quelqu'un de méchant c'est quelqu'un qui n'est pas bon », mais je ne serais pas comblé par cette réponse. D'ailleurs, je commence à me dire que les Questions avec une majuscule sont de la méchanceté à l'état pur. Parce que je me fais mal.

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#Posté le lundi 08 mars 2010 10:14

Tomber amoureux c'est quoi ? C'est être à l'endroit de l'impact d'un éclair. C'est se retrouver au départ d'un arc-en-ciel. C'est gagner au loto sans acharnement. C'est être accepté à Polytechnique. C'est avoir un PV. C'est avoir son ordinateur qui plante. Tomber amoureux c'est le pouvoir de s'imaginer toute une vie en une seconde et d'avoir déjà mal en y pensant. Lorsqu'on est amoureux, on tombe deux fois, lors du premier regard et du dernier. Ce n'est pas pour rien qu'on appelle ça « tomber ». Tomber c'est se casser la gueule, et se casser la gueule, c'n'est pas agréable. On a beau dire, tomber amoureux c'est pour une partie infime de la population. C'est être au bon endroit, au bon moment. Une chance insolente, moqueuse, vicieuse, qui nous pousse dans le dos. Elle nous souffle de regarder par ici, de tourner la tête par là, et finit par rigoler de voir notre bouche béante et notre silence puéril. Tomber amoureux implique les centaines de questions qui surgissent et virevoltent sans hiérarchie, celles qui mettent un désordre monumental et qui, finalement, brouillent la vue ; comme hypnotiser, on regrette déjà. On regrette de ne pas avoir le courage d'aller la voir. On regrette d'être allé lui parler. On regrette de l'avoir rencontré. Mais on l'aime ce regret. Tomber amoureux c'est pouvoir mourir pour un regard, c'est boire ses paroles et s'enivrer avec, c'est un frisson parcourant l'échine quand elle nous touche, c'est pouvoir se l'imaginer partout grâce à son odeur, son parfum, c'est y goûter une fois et ne rien vouloir d'autre. Ce n'est pas une question de bon sens. Jamais, un jour, quelqu'un pourra entourer ça, personne ne mettra de clôture autour de ce sentiment, qui oserait ? Il n'y a rien de mathématique. Beaucoup pense qu'il n'y a rien de plus fort, ce vieux cliché de l'amour qui résiste à tout. Qui l'affirmera ? je n'ai pas de réponse à donner, que des sentiments. Peut-être que c'est ça tomber amoureux ? Aucune question, une affirmation. « C'est elle ». Chanceux. Menteur.

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#Posté le lundi 08 mars 2010 10:09

Le cliché. En général, on a horreur du cliché. C'est tendance de jouer original, on veut du jamais fait, du jamais vu, de la surprise, de la vraie avec, accessoirement, son lot de mauvaises choses, mais peut importe. Notre génération veut que Roméo et Juliette se pètent la gueule, que Don Juan se pointe aux alcooliques anonymes et qu'il devienne homosexuel. On aime le nouveau, on l'aime tellement que l'on est prêt à tout pour être le précurseur d'un mouvement branché. Être adoré, complimenté, encensé, flagorné, idolâtré pour avoir réussi la prouesse de passer devant, devant le goût des gens. Matérialiser le futur désir commun. Mais la nouveauté, Beigbeder a raison, elle ne le reste pas longtemps. Et que devient la mode après son apogée ? Du cliché, du vieux et nostalgique cliché. Si aujourd'hui la tendance est à l'écriture, que demain elle tend à réaliser des vidéos, alors l'écriture deviendra has-been. Le cliché de demain ce sera d'écrire une lettre plutôt que de réaliser un court-métrage, l'écrivain sera immédiatement, à partir du moment où le public saura qu'il écrit, saura qu'il fait dans le vieux, il sera maltraité, bafoué, mit dans la case « dépassé ». Nous n'avons pas de pitié pour les clichés. On ne fera aucunement attention au contenu de son livre, il est déjà périmé pas même sorti. Non, le réalisateur sera la star des six mois qui suivent cette fantastique révélation, il génèrera des millions d'euros, fera des milliards de fans, attirera un océan de journalistes, puis apparaîtront toutes sortes de produits dérivés, les industriels s'en frotteront les mains, les télévisions ne déblatèreront que sur ça, on parlera de ce petit réalisateur innovateur sur tous les continents de la planète, il s'élèvera en tant que star mondiale, des statues se dresseront, des écoles à son nom se construiront, des awards, des palmes, des best-sellers, des festivals, des bals de charités, des cérémonies, des récompenses jailliront de partout en son nom, pour dire tout le bien que cet homme a fait au monde, ce que cet homme a apporter à l'originalité, au re-nouveau de l'être humain, à son évolution etcetera, etcetera...Et le livre ? C'est quoi le livre ? Qui écrit des livres ? Pourquoi écrire un livre plutôt que de faire un film ? Moi, dans ce monde, je sors un livre, j'ai moi-même le sentiment d'être une merde. Je sais déjà que ce sera invendable car dépassé. Je le sais car je vis aussi dans ce désir fou et obsessionnel de la nouvelle chose jamais faite, et reprendre ce qui a si souvent été fait, c'est faire un cliché. Je me condamne à passer sur nostalgie, je taille ma propre pierre tombale, je me sur-drogue et me défenestre. Tant pis pour ceux qui ont du talent dans ce domaine là, on les laisse sur le côté. On s'en fout. Mais la vie c'est comme la roulette, il faut parier, ça tombera forcément, un jour ou l'autre, sur le bon chiffre. Il faut simplement avoir assez d'argent pour tenir jusque là.

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#Posté le mercredi 13 janvier 2010 08:08

LES CONSÉQUENCES D'UN ENFANT Je dompterai cette chance insolente qui se fout de moi. Je n'ai pas besoin de chanson pour constater que la roue tourne. Elle tombe, comme ça, d'un coup. Une seconde nous avons tout, l'autre plus rien. Et l'impuissance s'insinue au plus profond de nos entrailles, nous gèle le sang lorsque nous sommes malchanceux, ravive la flamme lorsqu'elle nous sourit ; moi je tremble devant elle, elle me fait si peur : c'est comme un parent qui me donne des ordres. Sans vraiment y penser, je sais qu'elle est là, qu'elle me guette, et que, si elle le souhaite, elle peut tout faire basculer. Peut-être plus que de la chance, un jeu de Dieu. Le Père est un enfant de sept ans jouant avec nous comme un nouveau-né qui s'amuse avec son hochet en se disant : "et si je fais ça, qu'est-ce que ça va donner ?" Alors le Beau devient Laid, le Bien devient Mauvais, - si son désir est. Moi j'appelle cela de la "chance", oui, parce que "geste divin" ça en fait peut-être beaucoup, quoi, ce n'est qu'une manifestation d'un tiers que l'on ne peut voir ni toucher et qui chamboule notre vie du bon comme du mauvais coté. La chance c'est comme une rupture amoureuse : on en comprend pas toujours les raisons, on en a pas forcément envie (j'entend ici la malchance), ça peut tomber aujourd'hui comme dans des années et lorsqu'elle tombe, on y peut rien. Voilà pourquoi elle m'effraie. Oui, je dompterai cette chance insolente qui se fout de moi.

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#Posté le dimanche 27 décembre 2009 09:41

C'est la tête à l'envers et le souffle coupé que je repense à tout ça. Cette vieille histoire qui me suit sans le vouloir vraiment, un fantôme surgissant du passé auquel je ne pensais déjà plus. J'avais fait son deuil si on peut dire, je l'avais plus que mise de côté, elle n'avait plus sa place dans ma vie. Il n'y a que depuis peu que j'ai démasqué sa véritable identité, et encore plus récemment que j'ai arrêté de penser à elle. Je ne lui en voulais presque plus, seul un goût amer me restait encore dans la bouche, comme un jouet qu'on arrache a un enfant, une punition injuste et cette impression d'impuissance. Mais rien de grave. Rien de puissant. Il a fallu que ce soit aujourd'hui qu'elle revienne me hanter en me demandant son pardon. Toutes ses lignes qui sonnaient comme un vieux disque rayé, déjà trop écouté, fatigué, je n'ai rien ressenti si ce n'est que le désordre de mes sens. Il faut me comprendre, j'avais finalement gagné, je l'avais battu, j'avais tout compris, je lui ai arraché son masque et l'ai humilié, nue et sans défense, je lui ai détruit une partie de sa vie, lui ai fait perdre ses amis, je l'ai tué comme elle m'a tué, je l'ai confronté à ses responsabilités, elle m'avait tant torturé, massacré que j'en ai perdu mes règles du combat, le gagnant remportant tout, laissant le vaincu à terre, rampant, peinant et seul. J'étais fier, fier de lui avoir tout pris ; victorieux, j'avais tous les droits. Puis aujourd'hui sur cet écran, ses mots bien maladroits fissure le mur que j'avais bâti devant mon c½ur pour qu'elle ne m'atteigne plus. Une vieille plaie qui se cachait derrière un bouclier de fierté, de victoire de Roi se r'ouvre et me revoilà impuissant. Si je l'écris, c'est le constat de ce que je pense au fond et que je ne veux pas rejeter, je ne vais pas me mettre à mentir à mon tour. Aussi que je la hais autant que je l'aime, toi Victoria, qui lit ses lignes, qui est relié à tout ce merdier, tu me déchires entre l'oubli et la persévérance. Toi seule je pouvais gérer, l'autre qui s'y rajoute devient débordant de complication. Me revoilà devant ce constat alarmant, moi, le seul qui tombe amoureux d'une fille que je ne peux avoir, ni même voir. C'est avec les mots que je devrais avoir une relation. Ce sont les livres qu'il faut que j'épouse. Mais ils n'ont pas cette vie, cette surprise que toi, Victoria, tu me donnes. Alors, oui, je sais que je ne t'aurai pas, mais Laura, crois-tu qu'elle m'aura ?

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#Posté le dimanche 27 décembre 2009 09:35

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