PORNO. En ne s'attachant qu'à la sensation exquise que mes yeux me procure, là, sur le bas de l'écran, clignotant comme un message brûlant, je ne résiste pas et ma main vient effleurer, maintenant machinalement, l'instrument de tous mes désirs. Je tire ensuite le clavier tout en lisant ses mots d'amour déguisés et pose mes doigts dessus. Certes, la modernité fait couler le romantisme mais réduit les distances, ces kilomètres infinis qui tiennent à l'écart une personne d'une autre. Tout comme le reçu d'une lettre parfumée écrite par la main d'une beauté féminine, je suis excité, prêt à me donner sans confession à ce clavier noir qui me regarde de ses yeux littéraires. Et mon c½ur bat, plus fort, au fur et à mesure que mes yeux se baladent sur ses lettres tapuscrites, puis la flamme, je la sens, vire au jaune, puis rouge, puis bleu, parfaite. Et c'est ici, elle existe enfin. Elle prend vie sur l'écran, elle se dessine de ses fines formes, sensuelles, charnelles ; et est à moi toutes les positions d'elle dont je rêve. Je réalise les fantasmes les plus enfouis et les plus mordants en de simples mouvements de doigts et je ne la lâche plus des yeux. Je vibre de plaisir et sourit sans pouvoir m'en empêcher. Elle me fait rire comme elle me fait pleurer. Elle me contrôle, c½ur, corps, tout en mot, tout en rêve. Je tombe amoureux, amoureux de cet écran qui me regarde comme elle pourrait me regarder. Le dialogue va très vite maintenant, on s'envoi la balle, elle accélère, je lui fais mal, elle se venge gentiment, je frappe, elle tombe et feinte. Touché. Nous rions. Nous (nous) aimons. Puis, lorsque le plaisir est à son apogée, lorsque cette chaleur qui m'habite me fait suffoquer, lorsque je suis sur le point de lui hurler mon amour... « Je vais manger, B. »

PORNO. En ne s’attachant qu’à la sensation exquise que mes yeux me procure, là, sur le bas de l’écran, clignotant comme un message brûlant, je ne résiste pas et ma main vient effleurer, maintenant machinalement, l'instrument de tous mes désirs. Je tire ensuite le clavier tout en lisant ses mots d’amour déguisés et pose mes doigts dessus. Certes, la modernité fait couler le romantisme mais réduit les distances, ces kilomètres infinis qui tiennent à l’écart une personne d’une autre. Tout comme le reçu d’une lettre parfumée écrite par la main d’une beauté féminine, je suis excité, prêt à me donner sans confession à ce clavier noir qui me regarde de ses yeux littéraires. Et mon c½ur bat, plus fort, au fur et à mesure que mes yeux se baladent sur ses lettres tapuscrites, puis la flamme, je la sens, vire au jaune, puis rouge, puis bleu, parfaite. Et c’est ici, elle existe enfin. Elle prend vie sur l’écran, elle se dessine de ses fines formes, sensuelles, charnelles ; et est à moi toutes les positions d’elle dont je rêve. Je réalise les fantasmes les plus enfouis et les plus mordants en de simples mouvements de doigts et je ne la lâche plus des yeux. Je vibre de plaisir et sourit sans pouvoir m’en empêcher. Elle me fait rire comme elle me fait pleurer. Elle me contrôle, c½ur, corps, tout en mot, tout en rêve. Je tombe amoureux, amoureux de cet écran qui me regarde comme elle pourrait me regarder. Le dialogue va très vite maintenant, on s’envoi la balle, elle accélère, je lui fais mal, elle se venge gentiment, je frappe, elle tombe et feinte. Touché. Nous rions. Nous (nous) aimons. Puis, lorsque le plaisir est à son apogée, lorsque cette chaleur qui m’habite me fait suffoquer, lorsque je suis sur le point de lui hurler mon amour… « Je vais manger, B. »

# Posté le mardi 03 novembre 2009 04:33

Jusqu'à présent, j'ai rencontré, vu, connu, parlé à des milliers de personnes dans le monde entiers et la grande majorité de ces milliers de gens tiennent à leur vie de façon rationnelle : leur bien le plus précieux. Alors voilà, dans sa définition, la vie est bien unique et éphémère, c'est un don de Dieu, la Matière Divine qui se superpose et qui s'unie au squelette du monde. C'est la couleur dans un négatif. Cette vie ainsi définie apparaît comme évidemment premier de tous les biens. Un corps sans vie est un corps mort ; une photo en noir et blanc ; la Matière Divine exclue du monde. Pourtant, dans ce grand nombre de visage, j'en ai connu quelques uns qui ne disaient pas avoir la même définition de la vie que moi. Ce n'était peut-être pas ce qu'ils pensaient réellement, mais leurs discours me choquèrent, leurs arguments m'effrayèrent. Ils me disaient que la vie n'était faite que pour mourir en fin, alors autant fallait-il en profiter. Se dégrader, s'autodétruire est synonyme de plaisir dans leur monde ; certains bien que nous possédons sont aussi jouissifs que nocifs, - l'Homme a toujours aimé jouer avec le feu. – Alors, libertin dans l'âme, négligé dans l'apparence, une grande relativité habite l'homme qui fume de façon nonchalante sans penser à demain, ni à rien. Qui est dans le vrai ? Qui est le plus heureux ? Faut-il une longue vie droite ou une courte vie pleine ? Faut-il devenir sérieux ou pouvons nous rester frivole ? Jouer avec la vie, passer à coté de la mort est le meilleur moyen de se sentir vivant, mais dans ce cas, gâchons-nous notre vie ? Je veux des réponses.

Jusqu’à présent, j’ai rencontré, vu, connu, parlé à des milliers de personnes dans le monde entiers et la grande majorité de ces milliers de gens tiennent à leur vie de façon rationnelle : leur bien le plus précieux. Alors voilà, dans sa définition, la vie est bien unique et éphémère, c’est un don de Dieu, la Matière Divine qui se superpose et qui s’unie au squelette du monde. C’est la couleur dans un négatif. Cette vie ainsi définie apparaît comme évidemment premier de tous les biens. Un corps sans vie est un corps mort ; une photo en noir et blanc ; la Matière Divine exclue du monde. Pourtant, dans ce grand nombre de visage, j’en ai connu quelques uns qui ne disaient pas avoir la même définition de la vie que moi. Ce n’était peut-être pas ce qu’ils pensaient réellement, mais leurs discours me choquèrent, leurs arguments m’effrayèrent. Ils me disaient que la vie n’était faite que pour mourir en fin, alors autant fallait-il en profiter. Se dégrader, s’autodétruire est synonyme de plaisir dans leur monde ; certains bien que nous possédons sont aussi jouissifs que nocifs, - l’Homme a toujours aimé jouer avec le feu. – Alors, libertin dans l’âme, négligé dans l’apparence, une grande relativité habite l’homme qui fume de façon nonchalante sans penser à demain, ni à rien. Qui est dans le vrai ? Qui est le plus heureux ? Faut-il une longue vie droite ou une courte vie pleine ? Faut-il devenir sérieux ou pouvons nous rester frivole ? Jouer avec la vie, passer à coté de la mort est le meilleur moyen de se sentir vivant, mais dans ce cas, gâchons-nous notre vie ? Je veux des réponses.

# Posté le lundi 27 avril 2009 11:59

Impératrice des Indes

Impératrice des Indes
Il pourrait lui écrire tous les mots,
Les mots d'amour, puis ceux des héros,
Sans vraiment un sens profond.
Elle trouv'rait ca kitsch au fond.

Il n'lui dit pas qu'elle est belle,
Ne voulant pas de son coté rebelle.
Il lui dit juste qu'il l'apprécie,
Sa façon d'lui dire je t'aime, à lui.

Et pourtant ils sont bien attachés,
Séparés par un nombre de kilomètre.
Il lui dit : « c'est le hasard qui nous a trouvé. »
Mais il ment un peu, il faut l'admettre.

Ils se disputent, mais c'est pas sérieux,
Ils se détestent, mais ça n'reste qu'un jeu ;
Chacun derrière sa façade, son mur,
S'arme de vodka, rosé et whisky pur.

Il la tue, elle se défend,
Elle l'attache, et surtout lui rend
Les coups portés d'une si légère
Façon ambiguë, à demi-yeux, pour lui plaire.

Le « Il » et le « Elle » se rapprochent.
Le « Il » s'éloigne pour qu'Elle puisse lui manquer ;
Le « Elle » s'emballe, cours, désir, reste vexée.
Ils s'aiment par leurs doigts, sous le son des cloches.

C'pas vraiment comme des amis,
Il y'à quelqu'chose d'évident
Entre eux, et c'est plutôt gênant.

Chaque mot qu'elle m'envoie perpétue la ligne
De chaleur de l'âme qui ne cesse de grimper.
La distance, peu importe, je n'suis plus effrayé
Lorsque je me noies dans mes claires vignes.

Mais que ferons nous lorsqu'arrivera le grand moment ?
Je déteste trop ces situations :
Mal à l'aise, mains moites et yeux fuyants.
Il faut que j'contrôle mes émotions.

C'est un grand problème non résolu :
Deviner l'amour qui n'évolue.
Certaines personnes pourraient trouver ça facile,
Manque de confiance, j'trouve ça plutôt difficile.
J'sais pas vraiment c'qui faut, j'manque aussi d'culot.
J'aimerai bien être un oiseau, j'suis mal dans ma peau.

Elle est ma poursuite de rêve
Sur l'échelle de tous mes désirs :
La voir, toucher, aimer, sans trêve.

Elle lui dit qu'elle n'est pas jalouse,
Il n'lui dit pas qu'au fond, il l'est,
Elle n'aime pas les chansons qu'il chante,
Quand elle demande combien d'verre, il dit douze,
Elle le félicite, elle est franchement impressionnée,
Allé, il l'avoue, elle est un peu chiante.

Il évite tous dictons qui brisent l'image qu'il a d'elle,
Il met donc de coté ces longues histoires de différences
Et ne cesse de se l'imaginer parfaite à ses yeux.
Il n'sait pas si c'est bon ça, le merveilleux,
Mais la vie sans idéal perd de son importance.
Donner, il veut ; en retour, elle, il veut. Elle.

# Posté le vendredi 17 avril 2009 12:18

Modifié le mardi 09 juin 2009 17:18

Pique

Pique
Etait-il un homme seul, ou un malheur ne voulant le quitter ?
Serait-elle une eau pure, ou une larme sur le carreau ?
Etait-elle une femme seule, ou bien une voix effrayée ?
Serait-il qu'un simple mur, ou le menteur de son héros ?

C'est tout un rituel que de tomber dans les sanglots,
Et dans sa chute, et sans échelle, ne regarde que vers le haut.
C'est en prouvant sa valeur que Dieu nous dit de sa voix :
« Regarde, petit, n'aie pas peur, tu verras selon mes lois. »

Mais lois ne veulent rien signifier si tristesse ne cesse de ses pleurs,
Dans une vision floue et noyée, l'homme, au fond, reste et meurt.
Remonter, sourire et puis Pan, si Dieu, de sagesse, décide qu'il s'y cloître,
Là, bas dans cet infini champ, travailler devra bien l'abattre.

Puis les lois deviennent clémentes et offrent une lumière qui le dirige,
Du bas de son malheur, enfin, il s'efforce de revivre,
Et à la fin de l'heure, sort, court puis s'enivre.
La vie est très aimante, courte, juste et (é)pique.

# Posté le jeudi 02 avril 2009 16:54

Captivant(e)

Captivant(e)
Si chaque homme a une histoire, il est clair que des prisonniers en ont une encore plus intéressante et torturée que les autres. Et étant donné le fait de rester en huit clos plus des trois quarts de leur temps, ils n'ont qu'une seule occupation : la raconter. Il est bien connu qu'une chose qui passe de bouche à oreille s'embellie de narration en narration, puis au final, une histoire ordinaire devient extraordinaire. La cantine est le lieu d'un trafic important de récits. Les contes de prisonniers se monnayent avec des plats chauds et les petites histoires s'échangent contre des desserts ou des canettes de soda. Au bout d'un certain temps, chacun connaissait le passé des autres, puis lorsque des nouveaux arrivaient, c'était toujours avec une nouvelle histoire et ainsi de suite. Il était trop difficile pour un détenu de garder son histoire pour lui, - la société ainsi faite – car l'homme est un animal sociable ; il veut et doit parler. D'ailleurs, aujourd'hui, à cette table de cantine, un nouveau avait une histoire étonnante à raconter.

- "J'étais le souverain et le conseillé personnel du Roi de Tanzanie. On ne faisait que passer du bon temps ensemble, on s'amusait à dilapider l'argent du peuple en maisons et en voitures de sport. C'était le pied ! Puis un jour, le peuple élu un porte-parole qui était sensé se plaindre de leur pauvreté à tous. Faut les comprendre, on niquait tous les impôts ! Ils n'étaient pas contents. Le porte-parole avait frappé à la porte du château du Roi et nous avait dit ce qui n'allait pas. Alors nous lui avons ouvert la porte et lui avons montré ce que c'était de vivre comme un Roi. Il s'y plut tellement qu'il oublia pourquoi il était venu, et commença à s'habituer à cette nouvelle vie. Le peuple se plaignit de plus bel mais le porte-parole n'écouta pas, trop obnubilé par le pouvoir et la richesse qu'il détenait entre ses mains. Bientôt le porte-parole était devenu un proche du Roi, et le Roi, il faut le dire, l'appréciait beaucoup. Plus le temps passait, plus le porte-parole montait dans la hiérarchie. Au début, je ne me faisais pas de souci. Je me disais : « Non le Roi me préfère à n'importe lequel de ses sujets, je suis son propre conseillé personnel, moi, moi et moi seul ! » Mais plus ça allait, plus il devenait important dans le Royaume. Je m'inquiétais. Il fallait que je fasse quelque chose mais le Roi ne voulait rien entendre. Le porte-parole, qui eût vent de ma discussion à son sujet, monta le peuple contre moi. Il leur dit que bientôt quelqu'un de machiavélique allait faire un coup d'état en assassinant le Roi. Il y eut une conspiration, des complots et des tentatives de meurtre contre moi. Je ne savais plus quoi faire, si je tuais le porte-parole, le Roi me condamnerait aussitôt. Alors j'ai pris ma décision. Une nuit, pendant que le Roi dormait, je l'ai tué dans son sommeil. Je me suis proclamé Roi de Tanzanie et exila le porte-parole, corrompu grâce à moi. Mais le peuple se rebella, L'ONU s'en mêla et me voilà en prison. Maintenant, donne-moi ta purée."

Son histoire captiva tout le monde. D'autant plus qu'elle aurait pu être vraie si la Tanzanie avait été un royaume et non une république fédérale, et surtout si le nouveau n'appartenait pas au système psychiatrique de la prison. Mais peu importait aux détenus, ils continuaient à donner leurs plats en échange de son récit. Ils ne voulaient qu'un peu de rêve.

# Posté le samedi 28 mars 2009 14:15